Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 10:09
Entreposés pour finir leurs jours
Les restes de ce que furent des êtres forts
Dans une pièce où plane l'ombre de la mort
Pour un plus ou moins long séjour.

Les facultés déclinent jour après jour
Un mur anti bruit s'érige
On devient sourd
C'est le silence perpétuel
Un épais rideau se tire
On a perdu le jour
C'est la nuit éternelle.

Plus besoin de carillon pour égrener les heures
Plus besoin de calendrier pour situer le jour
Plus besoin de visite pour agrémenter le séjour
Plus besoin de menu, le repas n'a plus d'odeur
Plus besoin d'ouvrir la bouche, on a perdu la saveur.

Là, prostrée, au stade de fossile
Le menton sur le nombril
Le reste de ce que fut une femme gracile
Comment immaginer une reine de beauté
En ce corps desséché.

Ici, le reste de ce que fut un homme
Du spectre en est la copie conforme.
Dans ce qui fut un sexe, une sonde
Pour le cul une couche en guise de bonde
Une aiguille dans ce qui fut une veine
Pour nourrir un corps dont l'espérance de vie est vaine.

Qui étaient ces êtres décharnés, déformés?
Peut-on imaginer des ancêtres forts, beaux et gais?
Peut-on vivre en ce monde
Alors qu'ils sont coupés du reste du monde?
Plutôt des survivants dans un autre monde.
Quelle image garderont en leur mémoire
Les petits enfants venus les voir?
Les prolonger est aussi raisonnable
Que d'arroser les racines d'un candélabre.

Ecrit le 22 Février 2001 à la suite de reportages à la télé sur ce sujet.
Par Siuol - Publié dans : FIN DE VIE
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Samedi 1 novembre 2008 6 01 /11 /Nov /2008 10:28
Ceux qui ont les moyens vont en SUISSE pour mourir dignement puisque c'est autorisé. Mais, et les autres?
Celui-ci, le 3 Août, un octogénaire, a tué sa femme atteinte de la maladie d'Alzhémer avant de mettre fin à ses jours.
Cet autre, le 6 Août, un homme de 74 ans aide sa femme de 70 ans qui voulait se suicider, dépressive et malade depuis longtemps. Il est mis en examen.
Cet autre encore, le 9 Octobre, un homme de 77 ans est soupçonné d'avoir tué sa femme de 78 ans, d'un coup de couteau et a tenté de se suicider. Il est mis en examen.
Dans ces deux derniers cas, il y aura sans doute un procés, jugés comme criminels. Pour leurs petits enfants, ils auront toujours dans la tête; notre grand père était un criminel. Ne risquent-ils pas de se mettre eux-mêmes au banc de la société? Alors que ces deux grands pères abandonnés,dans une situation insupportable ont voulu abréger les souffrances de leurs épouses. C'est un acte d'amour et de courage qui risque de se propager rapidement. Après tout, mieux vaut peut-être la prison à la dépendance?

Voyez ce chien sur le flanc, il gît, attendant la mort. Lisez dans son regard son appel pour mettre fin à ses souffrances. Les maîtres qui l'adorent, le portent chez le vétérinaire pour la piqûre qui met fin à ses jour. On dit que c'est humain.
Pour l'être humain qui n'a plus rien à espérer, qui souffre et demande la mort, (dans 5 à 10% des cas, certaines souffrances ne peuvent être soulagées). On lui prolonge sa vie, donc, souffrir plus longtemps, souffrances morales et physiques. Faudra-t-il en arriver à déposer des plaintes contre X, pour mauvais traitement et torture morale ou, physique?
Pour la contraception, on a légaliser la pilule. Pourquoi ne pas légaliser la pilule pour mourir avant la dépendance et la donner à ceux qui la demandent? On préférera peut-être nommer plus de juges dans les cours d'assises pour juger ces dangereux criminels?
Il faudra bien faire quelque chose de plus sérieux que des replâtrages sucessifs. Dans quelques années, ils seront des millions de malades de toutes sortes, dépendants. On ne pourra jamais assurer les soins. On ne pourra pas saigner davantage les malades pour soigner des morts vivants. Il faut faire le geste qui convient dès maintenant.

Paru dans la presse locale le 20-10-2007, mais amputé de la première partie.
Par Siuol - Publié dans : FIN DE VIE
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Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /Nov /2008 10:07
Avec la vieillesse, la vie va tant bien que mal
On ne le guérit plus, le mal
Au mieux, on le stabilise.
De nouveaux maux s'ajoutent aux précédents
Tout comme les ans
Et comme l'addition, font une somme.
L'être se démoralise
Le bateau fait eau de toute part,
C'est le désespoir.
Pour soulager sa souffrance
On voudrait la faire partager,
Pour cela, en parler
Mais les litanies n'intéressent personne
C'est comme une recette ratée d'avance
Aucune chance.

Lorsque vient la sénilité
C'est l'errance dans la cité
Comme la taupe sortie de son trou
N'a pas de garde-fou.

Les articulations craquent, coincent, crient
Comme la vieille grille rouillée du cimetière abandonné,
Prothèses et cannes pour se déplacer
Mais la colonne plie.

Déchets de la société
On rechine à les soigner
Deviennent des encombrants
Or, que fait-on des encombrants?
Ils sont portés à la déchetterie,
Ainsi disparaissent des êtres
Autrefois solides et chers
Solides comme des récifs bravant la tempête
Maintenant épaves gisant sous terre.

La vieillesse, c'est le mur qui s'écroule
Et la ruine, c'est l'isolement.
Les ruines en pierres se restaurent
Et prennent un nouvel essor,
Celles des êtres humains
Disparaissent sans lendemain
Parfois dans le dénuement.
Par Siuol - Publié dans : FIN DE VIE
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Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /Nov /2008 10:30

Ils sont des milliers et seront bientôt des millions habités par la hantise de leur fin de vie.
Tout est pensé, voir étudié, réalisé par des beaucoup plus jeunes. Donc, qui n'ont jamais été vieux et sont à mille lieues de ce qui se passe dans la tête de la personne âgée, Qu'elle soit dans un mouroir ou chez soi, clouée dans un fauteuil ou sur un lit, en ayant comme ciel un plafond. Ils croient tous savoir ce qu'elle désire. Or, même la personne qui soigne un vieux ne sait pas ce qu'il y a dans ce crâne, ne subit pas l'humiliation sous toutes ses formes, condamné à être infantilisé et à croupir en ce lieu mortel.
Une très grande majorité de ces personnes âgées, quelque soit leur pensée politique ou religieuse demande la mort avant la dépendance, tablant plus sur le réalisme que le surnaturel.
Lorsque l'on est jeune et en pleine forme, on ne peut pas penser que ce plaisir de vivre peut disparaître, et pourtant, il arrive sans crier: gare, tout le monde descend.
Penseur, essayez donc de les comprendre et donnez leur ce qu'ils demandent: la possibilité de mettre fin à leur vie avant la dépendance, c'est à dire, lorsqu'il n'y a plus de plaisir à vivre.

PS: paru dans la presse locale le 05-03-2008.

Par Siuol - Publié dans : FIN DE VIE
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Lundi 3 novembre 2008 1 03 /11 /Nov /2008 19:55

 

                                   On nous impose une façon de mourir, le plus tard possible, malgré la souffrance, la dépendance, la déchéance et l’humiliation. La retarder au-delà du ridicule.

On nous impose le supplice de la mort lente.

Deux jugements récents, dont l’un condamne et l’autre acquitte (appel du Procureur), laissent à penser que dans le premier cas, on légalise la torture en France et dans le second cas, (sauf verdict différent en appel), on légaliserait l’euthanasie.

La mort doit devenir individuelle. Chacun doit décider du moment de sa mort (sauf accident bien imprévu).

Que craint-on ? Des suicides massifs ? Ils seront sans aucun doute justifiés par de multiples raisons. Ils sont déjà de plus en plus nombreux chez les personnes âgées.

D’une part toutes les douleurs ne pouvant être supprimées, d’autre part, l’appréhension à la dépendance qui est une forme de déshumanisation de la personne ou encore, l’impossibilité de se soigner à cause de la fameuse franchise, sans oublier certaines formes de racket qui se pratiquent, hélas ! Dans certains établissements. Déjà, un français sur sept ne se soigne plus.

Est-ce spectaculaire et doux à entendre dans un hôpital, une vieille dame hurler tuez-moi, tuez-moi, tellement elle souffrait ?

Donnons à ceux qui le demandent, le nécessaire pour mettre fin à leurs jours, au moment choisi par chacun d’eux. Sinon, on n’aura pas fini de voir des corps humains se balancer au bout d’une corde, de repêcher des cadavres dans les plans d’eau, de têtes trouées par des projectile d’armes à feu.

D’autre part, est-ce une forme de grandeur pour une nation d’avoir comme objectif, des millions de dépendants, d’avoir des milliers de centenaires, dont, à part quelques forces de la nature, sont des morts vivants ? Est-ce la grandeur d’une nation que d’avoir une jeunesse qui bat des records de désemparés, drogués et alcooliques ? Où est l’erreur ?


Par Siuol - Publié dans : FIN DE VIE
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