A l’arrêt, descend du bus
Un peu plus courbé, renfrogné
Hochant la tête, bougonne
Secoue sa canne comme pour frapper,
Pas content le bonhomme,
Son visage se détend à ma vue.
Voyez-vous jeune homme
Pour nous personnes âgées
Nous ne sommes plus des hommes
Mais des ombres que l’on tamponne
Il devient difficile de se déplacer
Debout, j’ai fait le trajet
Nous vivons dans une société déboussolée.
De mon temps......
Oui, toujours le même refrain
Mais c’est pour le bien
S’il en est encore temps.
Voyez-vous, c’était morale et éducation
Le savoir vivre en parfaite communion
Le culte de la famille est sacro-saint
La politesse et le respect de son prochain
S’effacer devant la personne âgée
Devant un handicapé
Aider la personne chargée
Offrir son siège à autrui ;
Au devoir accompli on s’y épanouit.
La société actuelle ?
Pas belle
Société de loisirs et de tentations
La télé déverse des flots d’images
De vols, de violes, de perversion
De brutalités et de magouillages
Elle enseigne l’ABC du mauvais garçon.
Que ce soit chanteurs, artistes ou sportifs
Pour leurs fans ce sont des idoles,
Voudraient leur ressembler et les imiter
Ce n’est pas drôle
Et parfois nocif.
Pour affirmer sa personnalité
Un anneau dans le nez percé
Comme les bons gros boeufs de labourage
Savant hommage.
Autre chose, bien désagréable
Chez les jeunes, la drogue dans les Lycées
Elle s’y développe parce que tout y est favorable,
Je vous dis, moi, ils sont piégés :
La star déclarant publiquement se droguer,
Pourquoi ne pas l’imiter ?
La tentation de l’argent facilement gagné
Et surtout les déboires ressentis
Les difficultés familiales, drame de la séparation
L’absence de repères tout au long de sa jeune vie
Dés la naissance, le manque d’affection
Rien ne la compense
Boulet que l’on traîne toute son existence,
La bonne poire est vite repérée
Personne à qui se confier
Tout le monde ferme les yeux
Personne pour les en empêcher
A eux l’Eden
Et en avant la gangrène.
Voyez-vous mon ami
C’est grave, très grave
Et ce qui aggrave
Tout le monde le sait
Et rien n’est fait
Croit-on à un caprice ?
Hélas ! un jour, descente de police
Quelques lycéens dans le panier à salade
Gros titres dans la presse locale
Trafiquants de drogues : démantèlement d’un réseau
Bravo ! c’est du bon boulot
En peu de temps, il est reconstitué
Pour ces jeunes, quelque chose est brisé
Les vrais coupables engrangent l’argent sale
A coup de milliards investissent sans mal
Grands notables respectables
De fortune inconnue à la verve intarissable
Généreux avec les oeuvres
Peut être portent-ils la légion d’honneur à la boutonnière
Les pauvres inconscients, eux traîneront leur casier judiciaire.
Nous avons besoin de la jeunesse
Nous devons la comprendre avec sagesse
Erreurs de jeunesse et maladresse
Les conseils des vieux la blesse
Nous devons procéder avec adresse
Il faut la reprendre en main avec délicatesse
Tenir compte de son désarroi
Elle n’est sans doute pas ce que l’on croit
Avec l’âge, se refermer sur soi
Au cimetière mène tout droit.
A bientôt mon ami.