Le papa : au travail
La maman : au travail
Les enfants : à l’école
Le bébé : à la crèche
A le déposer on s’empresse
La famille est dispersée
Et la maison désertée.
En ce lieu, par ses habitants abandonné
Ce qui pourrait être un nid douillet
Est un foyer sans âme
Qui peut devenir infâme
Les chambres ? un champ de bataille
Où tout à l’heure se battait la marmaille
Les meubles s’ennuient en cette solitude
Grillée est l’ampoule du vestibule
Le lavabo fuit
La moquette ressui
Le lit est hostile et grimace
Les chaises boudent dispersées en cet espace
Les portes grincent, cris jaillissant de leurs entrailles
Les mauvais génies font ripaille
A quoi servons - nous, meubles que l’on ignore
Abandonnés à notre triste sort.
Au retour, le soir, rien n’a changé
En franchissant la porte, c’est comme un frisson
Pas d’odeur alléchante pour donner le ton
Ambiance de froidure
Sur les arrivants, agit comme une morsure
Le papa vautré sur le canapé : je suis crevé
La maman dans un fauteuil affalée : je suis fatiguée
Les enfants pleurnichant : j’ai faim
Le bébé braillant réclame sa tétée
Le papa héroïquement : tu pourrais donner le biberon
Farniente, la maman : fais - le toi même, c’est ton rejeton
Etc ... le ton est donné avec la télé en toile de fond.
Pourquoi créer une famille
Pour ensuite, aux enfants ôter cette famille
Et vivre sur ses ruines ?
L’avenir ? sans doute le divorce pour les parents
Paumés, voir délinquants pour les enfants.
O progrès ! ô plaisir ! ô liberté !
Que vous êtes mal interprétés.