En ce printemps ensoleillé
Moi, pommier, grand, fort, pimpant
Au fantastique dôme de fleurs roses et blanches
Annonciatrices de fruits beaux et rutilants
Me moque de cette flore défaillante
Croupissant à l’ombre de mon ramage
Mon orgueil est à son apogée
Aux premières notes de la symphonie en sourdine
Lorsque bourdons et abeilles butinent
Dés l’ouverture de mes corolles couvertes de rosée.
Au sol, les parasites prolifèrent,
Un tapis impénétrable empêche la terre de respirer.
Un mal irrésistible m’altère,
Mes racines épuisées se tarissent
Ma floraison gloutonne dépérit
La sève ne coule plus dans mes artères
Une mousse brune m’enserre
Les fleurs se dessèchent et de fruits, point.
Je meurs dans l’indifférence des hommes
Je suis devenu un fantôme
Les oiseaux me fuient
Pas de cui-cui
Plus de nids.
En pensant que le bois de pommier
Pour se chauffer est de première qualité
A travers les flammes vacillantes
J’écouterai avec les petits enfants
Assis prés de la cheminée
Le récit du pommier victime de sa vanité
Qui, par le feu est dévoré.
Aussi puissant que l’on soit
Il faut quand même passer de vie à trépas.