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la vision

LA VISION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Préambule

 

 

 

                            C’est quoi une vision ?

C’est voir quelque chose que personne d’autre ne voit.

Peut-on croire en la vision ? Ma réponse à la fin de l’histoire.

 

La vision est d’autant plus possible que l’on est conditionné sur une chose,

C'est-à-dire mis en condition.

La tête farcie de légendes, d’histoires de sorciers, de fantômes. Tout bouillonne dans la tête. On peut tout imaginer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ambiance

 

 

                            Dans nos campagnes, l’hiver, les veillées au coin du feu étaient le lieu propice à raconter et écouter les histoires aux enfants qui en étant très impressionnés en redemandaient. On aimait avoir peur sans doute.

Pour chaque histoire, il y avait un lieu de prédilection.

Par exemple pour une histoire de fantôme, où peut-il se trouver sinon dans un lieu mystérieux, désertique écarté des villages, là où passaient de rares personnes.

Bien sur, le fantôme veut faire peur à une ou deux personnes seules et ne souhaite pas qu’il en arrivent d’autres. Tout le monde sait que l’on est plus fort en nombre que seul.

La renommée du fantôme sera faite par les on dit, relatés avec des excès pour relativiser sa peur normale.

Le meilleur endroit sera une lande. C’est désertique à souhaits, le fantôme peut se cacher et jaillir au bon moment pour provoquer une peur plus grande.

Lorsque l’on nous racontait une de ces histoires, on frissonnait, on tremblait mais on en redemandait le lendemain.

Pour une vision, il y a aussi des endroits qui s’y prêtent mieux les uns que les autres, suivant que dans notre tête, on pense à quelque chose qui se passerait au ciel ou à tout autre endroit.

Par exemple, une vision dérivant de la superstition, de la dévotion ne se déroule pas au même endroit que si on rève à d’étranges personnages, ou à des animaux fabuleux etc…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lieu

 

 

                            C’était à la campagne. L’école étant au centre de la commune, il nous fallait venir de tous les hameaux la composant.

L’habitude était de s’attendre dans chaque hameau pour faire la route ensemble, c’était plus gai et surtout on se trouvait plus fort. Bien souvent, il y avait une lande plus ou moins grande à traverser. Sur cette lande, il y avait forcément une histoire de fantôme et on y pensait. Il y avait aussi des endroits dits mystérieux.

Nous avions l’habitude pour faire la route de l’aller en passant par un chemin et de revenir par un autre. Pourquoi ? Habitude ?

Le chemin du retour longeait la rivière, La Saire. Qui dit rivière dit vallée et donc de chaque côté un coteau. A quelques centaines de mètres de l’école et des maisons, après un virage, il y avait là une ancienne carrière à flanc de coteau. Côté gauche en descendant le chemin, de ce coteau on avait extrait du sable. Mais peu de chose restait visible, le tout envahi par arbustes, ronces, roseaux, etc… ce qui donnait un lieu mystérieux.

Qu’y avait-il derrière toute cette verdure. Personne n’était assez brave pour essayer de voir. Il aurait fallu se frayer un passage et braver toutes sortes de bestioles ayant élu domicile là, suivant les saisons. Les bourdons, les frelons, les guêpes, les libellules et aussi la terreur : les « mourons volants », un corps comme celui des libellules, plus gros et semblait se terminer par un long dard. Lorsque l’on s’approchait de trop il venaient au devant de nous en voltigeant autour de notre tête. Personne n’a jamais été piqué à ma connaissance. Au sol, une mare. Oui, c’était creusé au dessous du niveau du chemin et donc rempli d’eau. Il y avait plein de têtards et d’œufs de grenouilles ce qui valait une belle bagarre avec ces œufs gluants.

Pendant les dix minutes d’arrêt, il s’en disait des choses, à celui qui fera le plus peur. Et moi, avec mes six ans, je n’étais pas très rassuré. On me laissait en dehors des affrontements, trop petit pour participer.

Pourquoi ce lieu nous attirait-il tant ? Sans doute comme tout ce qui reste mystérieux. Personne dans la commune n’avait vu cette carrière en service.

Au-dessus de cette carrière, un champ s’étendait, en pente et était bordé de beaux arbres sur le côté droit.

 

 

 

 

 

 

 

 

La vision.

 

 

 

                            Ce jour là, il faisait très beau, le soleil brillait encore assez haut. Comme à l’habitude, nous faisons la halte à la petite carrière. Je regardais les grands arbres du champ situé au-dessus de la carrière. Et soudain, je vois une demi douzaine de petits lutins voltigeant dans les branches des arbres. Ils scintillaient dans les rayons du soleil. Coiffés d’un bonnet phrygien rouge, une veste rouge un pantalon blanc et des petites bottes noires souples dont la pointe relevait. Ils pouvaient mesurer une soixantaine de centimètres. Ils se balançaient, sautaient à terre, remontaient dans les arbres et recommençaient leurs acrobaties. Ils semblaient parler et sourire, mais je n’entendais rien, aucun son. J’étais étonné, ravi, j’étais dans un autre monde. Je les voyais comme je peux voir n’importe qu’elle autre personne. Ils étaient bien constitués.

Soudain :

- Alors Louis tu viens, que fais-tu ?

Je ne m’étais pas rendu compte que j’étais resté seul, j’étais dans un autre monde,je ne voyais que les arbres et les lutins, je n’entendais rien. Ne me voyant pas, ma sœur est redoublée me chercher. Ses paroles me ramènent subitement à la réalité.

- Alors profitant de sa présence, je lui demande :

- Tu ne vois rien dans les arbres là-haut ?

- Non, pourquoi ?

- Pour rien.

En même temps, je regarde de nouveau les arbres et effectivement, il n’y avait plus rien.

Il s’agissait bien de quelque chose dont j’étais le seul à pouvoir voir.

Je ne parle pas de ma vision à qui que ce soit, je garde cela bien des années. Il aura fallu que beaucoup plus tard nous parlions des visions de certaines personnes au sujet des vierges etc… pour que je me remémore ma vision.

De moi-même, j’ai toujours pensé que comme on nous racontait souvent des histoires de lutins soit à la maison ou dans des contes, que ce jour là ma pensée devait être réservée aux lutins et les arbres, la réverbération du soleil dans les branches, cette sorte de luminosité un peu éblouissante, ces arbres, constituaient un cadre propice aux visions, en cela aidé par mon subconscient, l’imagination.

 

 

 

 

 

 

 

 

Conclusion

 

 

Une vision, c’est quelque chose que personne d’autre ne voit.

On est dans un état second, coupé du monde réel.

On croit voir ce que l’on voudrait qu’on nous montre.

On croit entendre ce que l’on voudrait qu’on nous dise.

Cela se passe dans un décor approprié, à un moment donné.

Par exemple celui ou celle qui pense avoir vu une vierge, était concentré sur le ciel, ne pensait qu’à cela, et paupières mi-closes se l’imagine.

 

Faut-il croire en la vision ? Non, c’est un leur.

 

 

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