J’ai vécu la mort de mon père
Par la maladie, vaincu dans ses chairs.
J’ai vécu le calvaire de ma mère
Jeune veuve en sa foi espère
Les difficultés ont meurtri sa chair.
J’ai vécu la mort de ma mère
J’ai vécu sa souffrance
Demandant la mort pour sa délivrance
Clouée sur son lit d’hôpital
Hurlant tant elle avait mal
Un infirmier au grand cœur
Dans le couloir annonçait avec vigueur
Celle du 18 va crever
Préparez-vous à l’enlever
Les escarres ont mangé sa chair.
J’ai vécu la mort de ma belle mère
Qui croyait toujours se tirer d’affaire
Pendant de longs mois, les souffrances a su les taire
Mais le mal rongeait sa chair.
J’ai vécu la mort de ma femme
Plusieurs fois on a farfouillé ses chairs
Véritable mélodrame
Où le mal a dévoré ses chairs.
J’ai vécu la mort de mon beau frère
Qui pendant des années a souffert
Dans le coma, une nouvelle opération on voulait faire
Alors que pourries étaient ses chairs.
J’ai vu mourir mon frère
Qui lui aussi a beaucoup souffert
Pendant que le mal broyait ses chairs.
Pourquoi prolonger comme une hérésie
Ce qu’on appelle impunément la vie.