ILS Y CROYAIENT
Au lendemain de la dernière guerre
La grande Europe, ils pensaient la faire
Ils y croyaient dur comme fer,
Tous disaient : plus jamais ça,
Levant le bras, chacun jura.
Ouvriers de tous pays n’aspiraient qu’à travailler
Et bien dormir sur leur oreiller
Pourquoi sans cesse retourner en enfer
Bâtissons un grand pays que l’on appellera Europe
Dont nous serons tous fiers
Si rien n’achoppe ;
Le projet était grandiose
Mais dans leur regard on lisait : ose.
Quelques grands hommes politiques tentent
Mais l’avance ne peut être que lente,
Tout semble bien amorcé
On se prend à rêver
Le social en premier
Les ouvriers bien payés
Le chômage ce serait du passé
Les loisirs bien occupés
Le paradis enfin arrivé.
Elle fait son chemin cahin-caha
L’espoir est toujours là
L’Europe est prometteuse
Certains la juge juteuse
Empressés de s’abreuver à la manne européenne
De l’Europe s’éprennent
Six, puis ….vingt cinq états
Pour qui sonne le glas ?
C’était sans compter sur des gens sans foi ni loi
Des rapaces perchés au-dessus du nid
Vont fondre sur la fraîche proie
Pour en retirer le plus possible de profit ;
Les capitalistes vautours
Entrent dans la danse à leur tour
En route pour une Europe libérale
Appuyés par des nations libérales
Et pour sceller le tout, une constitution libérale
Où l’ouvrier est oublié.
Ils avaient cru au paradis,
On prendrait le meilleur dans chaque pays
Pour le bonheur de tous qui seraient ravis
Utopie, place au profit.
Jouant sur les disparités de niveau de vie
Les capitalistes se ruent dans les pays à bas salaire
Pour les travailleurs des pays riches, c’est la galère.
De profundis
L’Europe que l’on croyait être source de bonheur
Est comme une source tarie
Devant laquelle on perd la vie
En ce joli mois de Mai, mois des premières chaleurs
Peut-être avaliseront-ils la constitution en douceur ?
De l’Europe sincère
Naît l’enfer
Et l’enfer accueille les prolétaires
Les travailleurs sont furieux
La révolte gronde dans leurs yeux.