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TRISTESSE (01-01-05)

TRISTESSE

 

 

Ca commence par une soirée en solitaire

Dés vingt heures, la Marquise dans son fauteuil

N’a plus les pieds sur terre

Pour la soirée a fermé l’œil.

Sébastien, de sa verve ennuyeuse

N’a de pitié pour nos têtes creuses,

Heureusement, le spectacle accroche

Sinon, je décroche.

 

La Marquise dans les bras d’Orphée

Commence la nouvelle année

Dans la position où elle l’a terminée.

La liesse de l’écran

Ne me fait bouger d’un cran.

Ma pensée en ce moment

Va au gouvernement.

Après des vœux mielleux

Avec des arguments fallacieux,

En cette seconde fatidique,

Il pique

Dans notre revenu ;

Geste incongru.

 

Neuf heures du matin,

En quête du pain quotidien,

Sur le chemin,

Pas un chat, pas un être vivant

Ne se risque à prendre les devants

 

La route trempée est froide

Les arbres de l’avenue sont roides

Les voitures, les yeux morts,

Résignées à leur sort

Dorment en l’absence de chauffeurs

Encore dans leur torpeur.

 

Le ciel est gris,

Tout est gris,

Les cités traversées, endormies,

Seuls, les résidus de fusées jonchent la chaussée ;

Les artificiers d’un soir

Sont encore dans le noir.                                                                                                                                                                      Péripétie de la vie.

Ou routine faussée.

 

 

 

Dans le petit chemin de traverse

Menant au commerce

Les feuilles mortes se décomposent,

Quelques oiseaux volètent çà et là

Ou, se posent.

Pour ce premier Janvier

Une colombe perchée dans un laurier

Présente ses vœux

A qui les veux.

 

A la boulangerie,

La langue empâtée

La petite employée

Et sa patronne, ne sourient.

La baguette résignée

Sachant qu’elle sera mangée

Disparaît dans la poche à pain

De ce crève la faim.

 

Le retour par la route principale

Vidée de sa substance vitale,

Morne, ça se passe

Au même pas, las.

Deux voitures sans doute fatiguées

Avancent comme des personnes âgées.

Rien ne brille

Rien ne sourit

Rien ne fait de bruit

Rien ne bouge

Silence, silence, silence mortel

En ce jour solennel.

 

Plus triste qu’un jour de toussaint

Pour la personne âgée à qui l’on ne tend la main.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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