INDIGENES
C’est comme cela qu’on les appelait
Puisque pas nés sur notre sol,
Comme des êtres inférieurs on les considérait ;
De l’intelligence, on croyait en avoir le monopole.
On leur avait enseigné l’histoire de France
Nos ancêtres les gaulois, même si ils étaient noirs,
Ils arrivaient à ne pas en voir la nuance
Enfants, arrivaient à le croire.
Beaucoup étaient admiratifs de notre pays
Rêvaient un jour de venir y vivre,
Garder l’espoir, ne fait-il pas vivre ?
C’était le but de leur vie.
Souvent maltraités, battus, mais soumis
Serviteurs fidèles, dévoués pour leurs maîtres
Venant du pays de leurs ancêtres
Comme on leur a appris.
Admiratifs de ce pays puissant, conquérant
Dont les armées et les navires sillonnaient le monde
Pour eux, c’était comme un aimant.
Tous les espoirs fondent.
Hélas ! Aussi puissante soit-elle cette France
Qu’une bouchée, en ont fait les troupes allemandes ;
Déconvenue, tristesse, aller à son secours, ils y pensent.
Enrôlés à leur demande
Ou parfois contraints de quitter leur foyer
Et de force s’enrôler.
Ils formaient une armée, une grande armée,
Des centaines de milliers, par des français commandés
Les « bicots et les bougnoules » sont là pour obéir
Tout juste des sous-ordres
Et non pas pour donner des ordres
Mais, pour la patrie, toujours prêt à mourir.
Ils constituaient une armée française
Pour libérer un pays, la France
Croyant qu’il serait leur paradis ;
Ils ont gravit un calvaire
En Italie comme en Provence ;
Ils ont laissé de nombreux morts en terre
Et l’impossibilité de retourner d’où ils étaient partis
Aucune récompense
Que des camps pour finir leur existence
Et l’ingratitude de la population française.