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AUTRE GRANDE SURFACE

 

 

 

 

 

 

 

AUTRE GRANDE SURFACE

 

 

                            Au début, nous y allions juste un jour par semaine, le samedi, puis au fur et à mesure des contacts avec les caissières et employées, ce sera deux, puis trois fois par semaine et maintenant, c’est tous les jours et même les jours fériés. Pour nous, personnes âgées, c’est un plaisir, un bonheur de retrouver nos petites amies, ce sont comme des petites filles d’adoption. Mais dés que l’on fait bonne mine à une caissière, elle nous adopte aussi. Elles deviennent très sensibles à notre présence, ce n’est pas rare que l’on vous dise :

-Vous n’êtes pas venus la semaine dernière.

Ou :

-Je ne vous ai pas vus vendredi dernier.

C’est un rappel à l’ordre discret.

Leur gentillesse dépasse le cadre du magasin. En dehors, elles viennent à nous tout sourire avec pour beaucoup la bise. Elles arrivent en présentant la joue, enjouées, heureuses de nous rencontrer.

 

 

 

GAELLE

 

 

                            La première avec laquelle nous entrons en contact n’est pas tout à fait le fruit du hasard. Sa beauté et tout un je ne sais quoi attirent.

A la caisse, devant elle, je lis sur le badge : Gaëlle, hôtesse de caisse. Aussitôt :

- Gaëlle, mais c’est breton ça.

Volte face et grand sourire, d’une voix enjouée :

- Oui, mais moi, je suis une petite normande.

- Heureusement car je ne reviendrais pas vous voir.

Puis :

- Non, je blague, je n’ai rien contre les bretons.

La glace était brisée, et à chaque fois qu’elle est là, nous passons à sa caisse où nous sommes reçus si gentiment. Fine, racée, jolie petite brunette, elle a tout pour plaire. Aussitôt, je pense lui écrire un petit poème, le soir même je mets la main au stylo.

 

 

 

GAELLE

 

 

Jeune et belle

Son sourire ensorcelle

A l’accueil excelle

De nos jours, un être surnaturel.

 

Adorable petite brunette

Elle émeut

Elle est limpide comme le cristal

Elle est fraîche comme la rosée

Elle est transparente comme l’eau de source

 

Rayonnante de tendresse

Sa voix mélodieuse arrive comme une caresse

Sa gentillesse l’auréole

De l’amour du prochain en est le symbole.

 

A sa caisse est comme une sirène émergeant de l’onde

Pour un court instant dans le rêve nous plonge

 

Elle est l’astre qui rayonne sur le monde

Elle illumine là où est l’ombre.

 

Une fleur qui s’ouvre dés le jour

Embaumant tout autour

On la hume, on la respire

Comme un aimant elle attire

On n’oserait la cueillir

De crainte de la voir périr.

 

S’il y avait la muse de la joie de vivre

Ce serait elle

Adorable Gaëlle.

 

                            Je crois que c’est bien ce que je pensais à ce moment là, je l’idolâtrais, j’avais peur qu’elle soit fragile. Les jours où elle n’était pas de service, étaient pour moi, des jours tristes.

Le 04-11-02, j’écrivais un poème intitulé : « Tromper l’ennui ». Ce jour-là devenait inoubliable, je rencontrais adorables créatures qui ont embelli ma vie. Je les compare à des oasis placées sur ma route et je vais de l’une à l’autre.

Un passage intéresse GAELLE, le voici :

 

Et maintenant, mon petit oisillon

Gaëlle de son prénom

Petit être gracile

Mais O ! Combien fragile

Mine réjouie, un tantinet blagueuse

Merveilleuse petite gamine à la moue moqueuse

Pure, claire et limpide comme le cristal

C’est la plus belle

Et la plus précieuse des perles

Petite Muse de la tendresse

On ne peut résister

Devant son charme

On ne peut que l’aimer, l’adopter

Et la protéger de peur de la voir changer

Elle stimule les vieilles âmes

Adorable petite fille.

 

                    Je lui propose de venir à la maison chercher une boite de chocolats pour la bonne année, ce qu’elle accepte d’emblée. Nous fixons une date, mais hélas ! Elle ne viendra jamais, elle ne respectera jamais la parole donnée.

Une chose s’affirme, elle est jalouse. J’ai l’occasion dans le même temps de faire connaissance de deux autres petites caissières et un jour, elle me dit :

- Vous la connaissez aussi celle-là,

- Oui bien sur.

La déception se lit sur son visage. Nos relations ne sont plus si agréables et même elle fera semblant de ne pas me voir en me croisant dans le magasin. A ce jour, elle me dit de nouveau bonjour, mais un bonjour distant.

Peut après la première rencontre avec Gaëlle, je fais connaissance d’une autre petite caissière un jour que la première élue était absente. L’entrée en matière ne s’est pas faite aussi facilement, mais…

Elle s’appelle Aurore et il y en a trois dans le magasin. Ayant eu un laps de temps trop long entre le premier contact et le second, que j’ai de la peine à la reconnaître. Après quelques années merveilleuses de rencontres, de visites réciproques, j’ai eu l’occasion de lui écrire un petit cahier pour qu’elle ait un souvenir de moi pour plus tard. A la lecture, son émotion a été si grande, qu’elle m’a écrit une lettre merveilleuse dont je vais recopier plus loin quelques extraits. Surtout chère Aurore, si tu as l’occasion de livre ce livre, n’en soit offusquée, c’est tout simplement pour prouver que des sentiments profonds peuvent se nouer entre des êtres de générations éloignées.

Voici des extraits de son cahier :

 

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