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REFLEXIONS SUR QUATRE VINT ANNEES DE VIE (20-09-05)

A vous qui avez vécu le front populaire

Les quarante heures et les congés payés

Vous, vous êtes aimés comme des frères

Que de combats vous avez gagnés.

 

Vous avez subi la guerre

L’occupation et la misère

Vous avez résisté à l’envahisseur

Tant de fois, était froide la sueur.

 

Après cette fichue guerre

Qui a sapé votre jeunesse

Redresser le pays était votre affaire

Vous l’avez fait sans faiblesse.

 

Unis, de nouveaux combats vous avez mené

Pour acquérir des avantages sociaux

Au nez et la barbe du capitaliste momentanément muselé

Avare de ses capitaux.

 

Petit à petit vous avez acquis du bien être

Auto, maison, résidence secondaire,

Vacances à la montagne ou à la mer

Heureux, on le fait paraître.

 

La pelouse remplace le jardinage

La télé et la voiture éclipsent le voisinage

Insidieusement on s’embourgeoise

Et les enfants pavoisent.

 

Maintenant on ne vit plus que pour le loisir et le plaisir

Avec des œillères on vit en autarcie

Journaux et actualités sont des idioties

Ce serait se subvertir. (Renverser sa façon de vivre)

 

Réception des amis en cours

Le traiteur est sollicité

Les enfants dehors

Boissons, rires et amour

La vie est un délice

Le travail un supplice

Au lit à l’aurore

Lever alors que le soleil est au plus fort

Adieu douceur et joie du foyer

Adieu vie de famille ringarde.

 

 

Vos enfants choyés

A leur tour ont des enfants trop gâtés

Gavés de loisirs et de plaisirs

Permis de conduire et voiture à dix huit ans

Les copains et le bar du coin

Amour avec la copine

Et pourquoi pas la cocaïne

Peut-on en rire ?

 

On ne veut rien voir

On ne veut rien savoir

Obnubilé par ses loisirs qu’on ne veut pas perdre

Au diable les manifestations et consort

Une journée de perdue est un grand tort

Que chacun se démerde.

 

Les jeunes ne sont plus prêts pour la vie active

Menant une vie oisive

Fiers, vous dévisagent avec une certaine morgue

Succulents appâts pour les trafiquants de drogue.

 

L’hydre du capitalisme plane au dessus de vous

Guettant votre apathie,

En tenue mortuaire s’infiltre autour de vous

Grignote à chaque fois une petite portion

C’est le spectre de la récession

Pour de longues années vous êtes hors de la partie.

 

Enrichissons les plus nantis

Pour sauver la patrie

Travail à bas salaires

Et vie de prolétaire

Pour ceux qui ont cru à l’éternel paradis sur terre.

 

Pleurons en cœur !

 

Que restera-t-il de nos beaux jours

Que restera-t-il de notre aisance

Nous qui avions confiance

Nous qui avons cru au bonheur éternel ;

En négligeant les sentinelles

Pas d’alarme

Pas d’appel aux armes.

 

 

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