A vous qui avez vécu le front populaire
Les quarante heures et les congés payés
Vous, vous êtes aimés comme des frères
Que de combats vous avez gagnés.
Vous avez subi la guerre
L’occupation et la misère
Vous avez résisté à l’envahisseur
Tant de fois, était froide la sueur.
Après cette fichue guerre
Qui a sapé votre jeunesse
Redresser le pays était votre affaire
Vous l’avez fait sans faiblesse.
Unis, de nouveaux combats vous avez mené
Pour acquérir des avantages sociaux
Au nez et la barbe du capitaliste momentanément muselé
Avare de ses capitaux.
Petit à petit vous avez acquis du bien être
Auto, maison, résidence secondaire,
Vacances à la montagne ou à la mer
Heureux, on le fait paraître.
La pelouse remplace le jardinage
La télé et la voiture éclipsent le voisinage
Insidieusement on s’embourgeoise
Et les enfants pavoisent.
Maintenant on ne vit plus que pour le loisir et le plaisir
Avec des œillères on vit en autarcie
Journaux et actualités sont des idioties
Ce serait se subvertir. (Renverser sa façon de vivre)
Réception des amis en cours
Le traiteur est sollicité
Les enfants dehors
Boissons, rires et amour
La vie est un délice
Le travail un supplice
Au lit à l’aurore
Lever alors que le soleil est au plus fort
Adieu douceur et joie du foyer
Adieu vie de famille ringarde.
Vos enfants choyés
A leur tour ont des enfants trop gâtés
Gavés de loisirs et de plaisirs
Permis de conduire et voiture à dix huit ans
Les copains et le bar du coin
Amour avec la copine
Et pourquoi pas la cocaïne
Peut-on en rire ?
On ne veut rien voir
On ne veut rien savoir
Obnubilé par ses loisirs qu’on ne veut pas perdre
Au diable les manifestations et consort
Une journée de perdue est un grand tort
Que chacun se démerde.
Les jeunes ne sont plus prêts pour la vie active
Menant une vie oisive
Fiers, vous dévisagent avec une certaine morgue
Succulents appâts pour les trafiquants de drogue.
L’hydre du capitalisme plane au dessus de vous
Guettant votre apathie,
En tenue mortuaire s’infiltre autour de vous
Grignote à chaque fois une petite portion
C’est le spectre de la récession
Pour de longues années vous êtes hors de la partie.
Enrichissons les plus nantis
Pour sauver la patrie
Travail à bas salaires
Et vie de prolétaire
Pour ceux qui ont cru à l’éternel paradis sur terre.
Pleurons en cœur !
Que restera-t-il de nos beaux jours
Que restera-t-il de notre aisance
Nous qui avions confiance
Nous qui avons cru au bonheur éternel ;
En négligeant les sentinelles
Pas d’alarme
Pas d’appel aux armes.