Le comportement de la police est pour le moins étonnante et critiquable. Ce n’est pas sans me rappeler une certaine époque de vécu pendant l’occupation, le règne de la Gestapo. On arrête sur simple dénonciation calomnieuse. Certes, nous n’en sommes pas à la déportation ou au poteau d’exécution, mais certains comportements sont conformes.
Combien de cas récents où d’honnêtes personnes sont reconnues innocentes après des mois, voir des années d’emprisonnement, les accusateurs ayant menti.
On ne convoque plus au commissariat, mais on arrête, on menotte, on met en garde à vue sans aucune preuve et la méthode utilisée pour faire avouer des innocents est inhumaine. Un aveu obtenu par la torture morale ou physique, n’a aucune valeur, ça tout le monde le sait. Mais on clame l’aveu du suspect.
Il serait grand temps de revenir au respect de l’être humain et tenir compte des plaintes déposées contre la police.
Pour illustrer ce qui se passe actuellement, j’ai écrit la petite fiction ci-dessous :
GARDE A VUE
Ou
COMMENT FAIRE UN COUPABLE
Signalé par un témoin qu’il ne connaîtra jamais, comme ayant rodé devant un entrepôt récemment cambriolé, est amené au commissariat dés 8h du matin et placé en garde à vue un présumé innocent doit être considéré comme témoin. A ce titre va subir un interrogatoire, logiquement de pure forme.
- Bonjour Monsieur, asseyez-vous.
Le témoin est assis devant le commissaire de police assisté d’un lieutenant de police et d’un secrétaire qui rédigera le procès verbal de l’interrogatoire.
- Procédons à l’identité :
Nom : DUCONCITOYEN
Prénom : Sosaut
Adresse : Rue du Trompe l’œil
Commune : La PENITENCIERE
Département : La MISERE.
- Connaissez-vous l’entrepôt l’Aimant dans l’impasse du Guet-apens.
Faisant confiance, il répond du tac au tac espérant avoir fini plus vite.
- Je vais assez souvent par là promener mon chien.
- Vous savez ce que renferme cet entrepôt ?
- J’ai entendu parler de denrées notamment des conserves.
- Donc vous saviez ce qui était dans l’entrepôt.
- Bon secrétaire notez : Je connaissez bien l’entrepôt l’Aimant et je savais ce qu’il renfermait.
- Vous y alliez plusieurs fois par jour dans cette impasse ?
- Deux fois, le matin tôt et le soir tard.
- Pourquoi tôt et tard ?
- Parce qu’il n’y a pratiquement personne, mon chien est plus tranquille et peut se défouler sans gêner qui que ce soit.
S’adressant au secrétaire : ajoutez : j’y allais très souvent.
- Vendredi dernier, jour du cambriolage, êtes-vous allé dans l’impasse du Trompe l’œil ?
- Oui deux fois comme d’habitude.
S’adressant au secrétaire : notez : le jour du vol je suis venu deux fois.
03
- Lorsque vous alliez dans l’impasse de quel côté vous marchez, côté porte qui est très prés du chemin ou à l’opposé ?
- Je n’en sais absolument rien je ne fais pas attention à ce détail
- Bon, donc vous pouviez très bien raser la porte ?
- C’est possible mais je n’en sais rien
- Le jour du cambriolage, vous êtes allé seul ?
- Je suis toujours accompagné de mon chien.
- A la laisse ?
- Non dés l’impasse, je le libère pour qu’il puisse se défouler, il s’en va devant moi à 50 voir 100 mètres plus loin.
- De sorte que en passant devant l’entrepôt vous étiez bien seul ?
- Possible mais mon chien n’est pas loin.
En hurlant à ses oreilles :
- Bon reconnaissez que vous étiez bien seul devant l’entrepôt ?
S’adressant au secrétaire après avoir relu la fin précédente, deux fois : bon ajoutez : seul, tôt le matin et tard le soir.
- Comment êtes-vous entré dans l’entrepôt ?
- Je ne suis jamais entré dans l’entrepôt.
Hurlant à ses oreilles :
- Vous avez poussé la porte, vous saviez qu’elle était ouverte ?
- Je ne suis jamais entré dans l’entrepôt et je ne sais pas si elle était ouverte, apparemment elle est toujours fermée.
- Vous passiez si prés qu’il vous était facile de pousser pour voir si elle s’ouvrirait ?
- Je n’ai jamais essayé.
- Vous avez une clé sur vous ?
- Oui, celle de la maison.
- Vous n’en avez qu’une ?
- Non, ma femme en a une aussi
- Une que vous avez fait refaire ?
- Donc, vous avez fait refaire une clé ?
- Oui.
- D’après celle de la porte de l’entrepôt ?
- Non, celle de la maison, je n’ai jamais vu celle de la porte de l’entrepôt.
- Oui, mais vous auriez pu la trouver par terre ou la dérober pour en refaire une.
-Je n’ai pas trouvé de clé.
- Bien, mais ça aurait pu se faire de trouver une clé comme on trouve autre chose, non ?
- Evidemment ça aurait pu se faire.
Hurlant à ses oreilles :
- Vous avez trouvé la clé et en avez fait faire une autre.
- Je n’ai pas trouvé de clé.
S’adressant au secrétaire : écrivez : A l’aide de la clé faite d’après celle de la porte trouvée par terre, j’ai pu ouvrir la porte.
- Ce matin là, seul et tôt vous entrez dans l’entrepôt. Vous êtes ébahi devant toutes ces denrées, vous avisez de grands sacs poubelles, vous en prenez un que vous remplissez et vous repartez en refermant la porte à clé.
04
- Je ne suis pas entré dans l’entrepôt et je n’ai rien pris.
- Vous avez bien dit : je n’ai rien pris ?
-Oui.
Hurlant à ses oreilles :
- Donc vous êtes entré dans l’entrepôt.
- Non, je ne suis pas entré.
- Vous avez avoué être entré puisque vous avez dit n’avoir rien pris et une fois à l’intérieur, vous vous laissez tenter, c’est bien normal, n’importe qui à votre place en aurait fait autant.
Secrétaire écrivez : tenté par toute cette marchandise, j’ai empli un grand sac poubelle trouvé sur les lieux, je suis reparti en fermant la porte à clé.
Le pauvre homme est bouleversé, fatigué, depuis 12 heures sans arrêt questionné sans boire ni manger.
- Bon, c’est bientôt fini, tenté par le succès du matin, vous y retournez et vous faites la même opération ?
- Je retourne promener mon chien.
En hurlant à ses oreilles :
- Donc vous y retournez et vous refaites la même chose, c’est normal, c’est tentant.
- Non, je n’ai rien pris.
- Donc, vous y êtes retourné ?
- Non, nonnn,
Il n’en peut plus.
Secrétaire écrivez : Fasciné par tant de marchandises, j’ai renouvelé l’opération le soir tard.
- Voilà, ça se termine, nous allons vous relire le procès verbal et vous n’aurais plus qu’à signer et vous pourrez vous restaurer et vous reposer.
- Secrétaire allez-y :
Déposition
Je connaissez bien l’entrepôt l’Aimant et je savais ce qu’il renfermait. J’allais très souvent me promener par là.
Le jour du vol, je suis venu deux fois seul, tôt le matin et tard le soir pour ne pas être dérangé.
A l’aide de la clé faite d’après celle de la porte trouvée par terre j’ai pu ouvrir cette porte. Tenté par toute cette marchandise, j’ai empli un grand sac poubelle trouvé sur les lieux. Je sui reparti en fermant la porte à clé.
Fasciné par tant de marchandises, j’ai renouvelé l’opération le soir tard.
- Bon, vous avez entendu la lecture de votre déposition, vous n’avez plus qu’à signer.
- Tout est faux, je ne signerai pas.
- Bien, nous, nous avons fini notre journée, nous passons le relais.
- Et moi ?
- Attendez ici.
Une nouvelle équipe arrive, deux policiers et un secrétaire.
05
- Bon, reprenons l’interrogatoire à zéro. On lui met la lumière dans les yeux de telle sorte qu’il ne peut distinguer ceux qui l’interrogent.
Toute la nuit les mêmes questions. Toujours les mêmes réponses, elles sont moins affirmatives.
Chaque fois qu’il s’assoupit, on le secoue rudement.
Tu dormiras quand tu auras avoué.
Il est complètement groggy après une telle nuit. Après 24 heures il refuse encore de signer.
Bon on reprend avec une nouvelle équipe, on repart à zéro.
Enfin, après 36 heures d’interrogatoire sans boire ni manger, complètement K.O, complètement affalé, inconscient, on lui relit le procès verbal. Il n’entend plus rien. On lui tend la déposition et un stylo qu’il ne peut tenir. On lui tient la main.
Dans le poste, on ne cache pas sa satisfaction.
Encore une affaire d’élucidée.