ECOUTER, COMPRENDRE et PARLER
Le but est de attirer l’attention, de parler de, et avec tous ces gens déclassés, délaissés, tristement appelés rebus de la société
Être écouté
C’est une chose si surprenante
Et peut-être un espoir retrouvé.
Le rebus de la société
C’est quelque chose de très vaste, ce sont tous ces êtres humains rejetés pas d’autres êtres humains. Mais alors que vient faire ce mot : humain ?
Il y a les clochards, les gens en prison et puis ceux qui devraient y être aux yeux de certains et qui n’y sont pas. Attention, une remarque, c’est lorsqu’il s’agit des autres et surtout pas des siens. Pourtant personne n’est à l’abri d’un écart de comportement. S’il y a des gens rigoureusement propres au sens propre du mot, qu’ils lèvent le doigt.
Si on me demande : êtes-vous honnête ?
Ma réponse est la suivante : j’ose espérer que, comme moi, une très grande majorité des citoyens essayent d’être honnêtes. L’erreur est humaine.
On ne naît pas clochard, voleur, bandit etc… on le devient.
On appelle clochard tout celui qui vit d’expédients, de mendicité et n’a pas de domicile.
Si des clochards engendraient un enfant, il serait né clochard. Je n’en ai jamais entendu parler et de plus aurait-il une chance de vivre dans de telles conditions ?
Comment devient-on clochard ?
J’ai connu un jeune homme de bonne famille qui ne voulait pas avoir de patron. Il vivait d’expédients, récupérait des chiffons, des ferrailles dans les décharges et couchait dans des buses d’égouts, dans des cartons et qui se trouvait heureux comme cela. Il n’a pas vécu très vieux.
Il doit y avoir aussi des enfants de gens tombés dans la mouise (misère), ne pouvant envoyer leurs enfants à l’école, automatiquement deviennent clochards.
Depuis quelques années, le nombre de clochards augmente sérieusement, soit par manque de travail, soit un emploi pas assez lucratif et ne peuvent se payer un loyer devenu trop élevé. La délocalisation à l’étranger est une des causes principales du chômage. Comme quoi, on peut devenir clochards même si on est travailleurs et courageux. On peut aussi devenir clochard à la sortie de prison. Le détenu licencié par son patron, abandonné par les siens, n’ayant pas de travail, n’étant pas aidé à sa sortie, c’est la descente aux enfers et risque de devenir un sans domicile fixe avec toutes les conséquences.
Le surendettement : Un grand défaut, vouloir tout avoir alors qu’on en a pas les moyens. Alors on emprunte, en avant les crédits sans savoir si on pourra les rembourser. Les banques sont très prêteuses. On peut emprunter pour payer ses dettes, c’est beau et noble ce système, c’est quand même bien s’endetter encore plus. Il arrive le jour où tout est saisi, où on se retrouve à la rue. Là aussi c’est la descente aux enfers.
L’alcoolisme : non seulement on ruine sa santé, mais cela mène aussi au surendettement, à la perte de son emploi, au divorce s’il n’y a que l’un des conjoints qui boit, il se retrouvera sur le trottoir.
Délinquance et insécurité : comment cela arrive-t-il ?
Il y a de nombreuses causes :
Cela peut arriver d’une façon qui semblerait pour beaucoup anodine et pourtant assez courante dans les familles.
Un constat : dans 80% des cas les délinquants ont eu un problème familial dans leur vie.
Le manque d’affection :
Aujourd’hui plus qu’autre fois on le trouve dans les familles. Autrefois, la vie était très dure, la vie était conçue de la façon suivante, la maman élève les enfants en plus de son travail et le père chargé de faire bouillir la marmite. Le problème de la contraception, on n’en parlait pas et les enfants arrivaient en nombre, on trouvait cela assez normal. L’affectionne venait pas du tout du père, trop occuper à gagner durement son salaire. La maman très occupée à ses tâches ménagères et à élever ses enfants, n’avait pas le temps de faire des câlins. Affection démonstrative nulle, mais personne n’en souffrait puisque ce n’était pas au programme. Toutefois, les parents aimaient bien leurs enfants mais pas de démonstrations intempestives.
Aujourd’hui, la maman certes souvent a un emploi, mais les lois lui donne des congés de maternité, des congés maladie pour un pet de travers, elles accouchent dans des maternités et sont bien suivies. Le premier enfant devient l’enfant roi. On le chouchoute, on lui fait des gros bisous, on a de la misère à son séparer et lui à quitter ses parents, pour la nounou où la crèche puis pour l’école maternelle etc…
Le deuxième arrive. Certes, il est bien accueilli mais ne sera pas aussi choyé dans les trois quarts des cas. Il peut en venir un troisième. Alors sur et certain, il y en aura un qui sera moins câliné que les autres et ce ne sera pas le paradis avec ses frères et sœurs, le vilain petit canard en somme. Si c’est le cas, il en souffrira sans que personne ne s’en aperçoive. Il souffre en silence et est tenté de s’isoler. Dans certains cas ce sera des fugues qui peuvent devenir dramatiques. Il grandira en se tenant à l’écart de la cellule familiale.
On ne comprendra pas son comportement. Il sera tenté de suivre les révoltés avec toutes les conséquences qui peuvent en résulter, la délinquance.
Le mal aimé :
Dans la famille, il peut avoir une certaine affection, mais dans les litiges, ce sera lui qui aura toujours tort. Là encore inconsciemment perçu par les parents.
Le pire, c’est celui qui à l’école puis par la suite au travail sera la tête de turc, la tête à claques. Il en souffrira certes mais en prendra tellement l’habitude qu’il ira au devant des coups qui ne porteront plus. Là aussi, on vit avec. Il a tellement l’habitude de prendre des coups pour rien que plus rien ne l’arrête et n’hésitera pas à s’écarter du droit chemin : qu’est ce que je risque de plus ?
La discipline :
Trop de discipline, ce n’est pas bon, mais pas du tout de discipline, c’est très mauvais.
Il y a des interdits sur lesquels on ne peut transiger, sanctionner si c’est indispensable.
Une famille sans discipline, tout le monde est malheureux. Une chose est certaine, les enfants demandent de la discipline, il s’épanouit dans l’autorité parentale (ne pas confondre avec l’autoritarisme). Il a besoin d’exemples et être guidé, sans cela, il s’écarte inconsciemment dans tous les sens pour arriver à croire que tout lui est permis. Elle peut très bien se faire sans cris, sans sévères punitions. Tout dans l’intonation et dans le regard et s’exerce dés la naissance, ne pas céder, ne pas revenir sur une décision prise, (où alors très adroitement, il ne faut pas que ce soit considéré comme une marche arrière ou une capitulation).
Attention : trop d’interdits ne mènent qu’à la révolte parce que on peut plus les supporter. Doser le mélange de l’interdit, de la répression, du châtiment, sinon : frustration, l’obstacle infranchissable.
Où
Lorsque l’enfant manque d’autorité, il la recherche cette autorité et se sent attiré par d’autres enfants plus âgés, plus audacieux, des petits caïds et tendent à la devenir, et se placent sous leur autorité.
Les mauvais traitements physiques
L’enfant battu devient vulnérable. En même temps que la punition, il apprend à être méchant et risque de le devenir avec ses propres enfants. Les coups ne portent plus, on s’y habitue, on vit avec.
L’inceste
Dans certains cas, il peut être guidé par le « complexe d’Œdipe » (Attachement sexuel au parent de sexe opposé et haine à l’égard du parent du même sexe). Il peut aussi au départ par ruse en profitant de la naïveté de l’enfant. Il s’en rendra compte plus tard et en gardera des séquelles.
Viol :
L’enfant peut être violé par l’un de ses parents mais aussi par des personnes étrangères à la famille. Le mal est très profond et très difficile à surmonter. L’enfant violé pourra devenir violeur à son tour plus tard. (Pourquoi je ne le ferais pas alors qu’on me l’a fait ?)
Le viol peut être fait sous l’emprise de l’alcool, de la drogue etc…
Dans une famille recomposée, le viol sur la fille de la conjointe peut ne pas être compris comme un inceste, mais le viol est quand même bien là.
L’alcoolisme :
Dans un couple, l’alcoolisme est la ruine du ménage que ce soit de la part d’un ou même des deux conjoints. Les enfants sont livrés à eux-mêmes avec le risque de devenir à leur tour des alcooliques. Délaissés, ne trouvant plus au foyer l’affection, l’attention, le bon exemple, sont passibles de mauvaises fréquentations, ce sont de vraies proies pour les trafiquants et délinquants de toutes sortes.
Dans bien des cas, on enlèvera les enfants pour les confier à un organisme qui cherchera à les placer dans une famille d’accueil, c’est un moindre mal.
Enfants abandonnés :
Là encore, certains ne s’en remettront jamais et deviendront des délinquants parce qu’ils ne se remettent pas de cet abandon. Je suis bon à rien puisque mes parents m’ont abandonné. Heureusement, bon nombre élevés par des gens au cœur gros se feront une place dans la société, mais seront en recherche de leurs origines.
Ceux dont les parents ou l’un des deux sont en prison. Chez l’enfant cela crée un mal-être. Cela peut-être considéré comme un déclassement dans l’échelle sociale et provoquer la chute en avant.
Des parents qui déraillent parce que leur propre éducation ne leur a pas fourni de repères suffisants et peut provoquer le déraillement de leurs descendants.
Les fréquentations :
Là aussi, il faut surveiller la fréquentation de nos enfants, ne pas trop se fier à loup qui dort. Jeune homme bien sous tous rapports peut être un trafiquant de drogue. Attention à na pas tomber dans l’excès contraire.
Voici exposés quelques cas qui peuvent mener à la délinquance. D’autres sans aucun doute existent, plus rares, tels certains soldats ayant fait la guerre et qui ne s’en remettent pas.
Que faire des délinquants ?
Ne pas les confondre avec le banditisme.
La prison
A la suite des faits divers très nombreux relatés par les radios, télés, journaux et des qu’en dira-t-on colportés de bouches à oreilles et si mal perçus, le cri jaillit :
En prison, en prison
Y’a qu’à les mettre en prison.
Ce cri si souvent proféré est un cri le plus souvent, de haine, de la part de gens peureux qui voudraient vivre bien douillettement chez eux sans comprendre que la société est ainsi faite et que pour bon nombre de ces délinquants, c’est la société qui est responsable. Si on emprisonnait tous ceux qui devraient l’être, en écoutant ceux qui profèrent ces mots, il n’y aurait plus grand monde de libre.
Certains dirigeants, utilisant l’émotionnel, frappent les sensibilités et font croire que seule la répression règle tout. Erreur. Mais attention, vrai (provisoirement, car la révolte gronde en dessous) dans les dictatures où on fusille tous ceux qui ne marche pas droit.
C’est quoi la prison ? Une grande bâtisse avec des grilles aux fenêtres et des grands murs d’enceinte pour empêcher les détenus de s’échapper.
Quel est son rôle ? Priver de liberté les délinquants condamnés par les tribunaux pour des motifs divers. On oublie de considérer l’erreur de jeunesse qui est une bêtise qui ne se reproduit pas si elle est traitée comme telle.
Mais aussi, de les préparer à leur réinsertion dans la société. Ceux qui le veulent peuvent suivre des cours pendant le séjour, mais l’ambiance le permet-elle ? Or, bien que l’on fasse toujours de nouvelles prisons, elles n’arrivent pas à remplir ce dernier rôle. La population croît et le nombre de détenus aussi. C’est le pire endroit pour envisager une réinsertion par les conditions de leur incarcération.
Une chose est sur, le nombre de détenus est bien supérieur aux possibilités d’hébergement. Ils peuvent se retrouver à 8 voir 9 dans une cellule de 25 m2.
Peu sont occupés, c’est donc l’oisiveté totale. Attendre que le temps passe, couchés à longueur de journées. Surgissent l’énervement, les tensions ; les bagarres sans compter le manque d’hygiène. C’est le règne de la promiscuité, faire ses besoins devant tous les autres etc… Un chien à la chaîne, on va le promener tous les jours. Que faire pendant des jours, des semaines, des mois, des années dans de telles conditions ? Ils auraient besoin de travail, de remise à niveau scolaire pour conserver les habitudes du travail, pour les responsabiliser, les valoriser et restaurer leur image. Après un tel séjour, dans quel état se trouve-t-on à la sortie ?
L’ambiance ?
Il ne faut pas oublier qu’il y a toujours des détenus plus forts que les autres et des très faibles. Les uns veulent affirmer leur supériorité par la bagarre s’il le faut et d’autres deviennent des souffres douleur et ceux-là peuvent très bien y laisser leur peau. Pas de femmes, les plus faibles vont en servir.
Pas de télévision en permanence. Si certains fument et d’autres non, il faut respirer et supporter la fumée de tabac. Ne pas oublier la drogue qui y circule.
On y trouve donc la misère, la détresse, le rejet, la coercition, le racket, l’humiliation, les insultes, le pouvoir.
C’est pire que les chiens dans un chenil.
La prison n’est pas la punition qui permet de comprendre, le tort, le mal qui a été fait. Ce sera sans aucun doute pour la majorité des détenus un sentiment de rancœur, voir de vengeance, donc montée en puissance de la délinquance.
A tout cela s’ajoute le mixage, c'est-à-dire que dans une même cellule se côtoie des bandits et des individus condamnés pour de petits délits, d’où le risque de contamination.
Est-il possible après un séjour dans une prison, dans de telles conditions de revenir dans le droit chemin ? Très rares en seront les cas. Et pourtant, tant de condamnés pour de petits délits sont récupérables et pourraient se fondre dans la société.
Moralité : la prison n’est pas un remède pour tous les cas, c’est le pire.
C’est pourquoi, il faut comprendre que chacun n’a pas la chance d’être conseillé, dirigé pour conserver le droit chemin et mérite que l’on s’apitoie sur son destin.
Trop sont victimes de leur impréparation à leur entrée dans notre société. Cette préparation doit se faire dans la famille et à l’école, c’est ce qui s’appelle L’EDUCATION. Il faut cesser de croire que la prison est le remède à tous nos maux. Il y a un travail énorme à faire en Amont. Nous sommes à une époque où le bien être a tourné la tête. On ne pense qu’aux loisirs et au plaisir, aux dépends des enfants qui doivent se débrouiller seuls.