Nous français :
De l’ennemi, allons en faire qu’une bouchée
A nous, enfants de la patrie en danger
Groupons-nous pour l’écraser.
En 1914, nous avons gagné
Nos généraux dans la naphtaline les avons conservés
Nos armes, les avons stockées
L’habit de piou-piou avons emmagasiné
Depuis vingt ans rien n’a changé.
L’ennemi était dépouillé
De nouvelles armes a fabriqué
De puissants engins motorisés pour écraser
De grands et jeunes chefs a formé.
Comme en France on ne fait pas les choses à moitié
La mobilisation générale est décrétée
Ce sont des millions d’appelés
En vingt quatre heures campagnes et usines vidées ;
Rien n’est prévu pour un tel afflux de mobilisés
Les centres de regroupement sont débordés
On constitue un semblant d’armée, pitoyable
Un tel gâchis n’est pas pardonnable
On ressort les vieilles reliques mitées
On attribue comme ça vient des uniformes dépareillés
Se chausser à son pied relève de l’exploit
Certains gardent les chaussures de ville
Avec bandes molletières c’est du débile.
On ressort les Lebel de la dernière guerre
A chaque fantassin, six cartouches
A chaque coup il faudra faire mouche
La plus part du temps ne vont pas de paire (pas le même calibre)
On réquisitionne tombereaux et chevaux
Camions, autos et même les vélos
Le grain, le fourrage et la paille
On vide les fermes de leurs entrailles.
Tableau :
Anticipant la débâcle de l’année suivante sur les routes
Ils allaient l’oreille basse, sans espoir
Comme des moutons vers l’abattoir
Que faire quand on n’a pas d’idéal
Le combat est inégal.