Avec la vieillesse, la vie va tant bien que mal
On ne le guérit plus le mal
Au mieux on le stabilise.
De nouveaux maux s’ajoutent aux précédents
Tout comme les ans
Comme l’addition fait une somme......
L’être se démoralise
Le bateau fait eau de toute part
C’est le désespoir.
Pour soulager sa souffrance
On voudrait la faire partager
Pour cela en parler
Mais les litanies n’intéressent personne
C’est comme une recette ratée d’avance
Aucune chance.
Lorsque vient la sénilité
C’est l’errance dans la cité
Comme la taupe sortie de son trou
N’a pas de garde-fou.
Les articulations craquent, coincent, crient
Comme la vieille grille rouillée du cimetière abandonné
Prothèses et cannes aident à se déplacer
Mais la colonne plie.
Déchets de la société
On rechigne à les soigner
Deviennent des encombrants
Or, que fait-on des encombrants ?
Ils sont portés à la déchetterie,
Ainsi disparaissent des êtres
Autrefois solides et chers
Solides comme des récifs bravant la tempête
Maintenant épaves gisant sous terre.
La vieillesse, c’est le mur qui s’écroule
Et la ruine c’est l’isolement
Les ruines en pierres se restaurent
Et prennent un nouvel essor
Celles des êtres humains
Disparaissent sans lendemain
Parfois dans le dénuement.