Il est des jours
Ecroulé dans un fauteuil
De tout on doute
On perd son orgueil
D’un rien on en fait une montagne
Rien ne nous épargne.
Il est des jours
Où le ciel vire du bleu au maussade
Où le soleil fait place aux grosses gouttes
Où la nouvelle du matin
Est le transport à l’hôpital de l’ami, voisin
Où la gaieté fait place à la langueur
Où la dépression est en embuscade.
Il est des jours
Où l’on se dit : vivement la nuit
Par le sommeil, l’oubli
Hélas ! nuit de cauchemars
On erre parmi les ombres
Des gens d’outre tombe
Il devient insupportable, le plumard.
Il est des jours
Où l’on regarde sans rien voir
Dans la tête on ressasse
Un nuage noir passe,
C’est en soi que tout est sombre,
La radio diffuse un air abstrait
La télé est sans attrait.
Il est des jours
Où l’on envisage sa fin
On ne voudrait pas d’un chemin de croix
On la choisit comme on voudrait qu’elle soit
Mais à l’heure dite, nous ne serons plus soi
Peut être devrons nous subir sa loi ?
La loi du destin.