La vieillesse, c’est gravir une pente, de plus en plus raide, caillouteuse, on bute à chaque pas.
Lorsque l’on est seul, bien souvent, fait irruption dans notre vie, une dame, une méchante dame, taciturne, tout de sombre vêtue et muette, complètement muette, pas un mot elle ne prononce. Dans le corps, une dague elle enfonce. Vous vous demandez son nom ? Ah ! Oui, son nom ? Solitude elle s’appelle. Mot lugubre, aux oreilles cogne, dans la tête résonne. La solitude, elle mine le corps, elle le ronge de l’intérieur.
Des initiatives sont tentées, telle « les fleurs de la fraternité » pour sensibiliser le grand public. Or, une fleur dans l’année, quelque soit la façon dont elle est offerte, donne bonne conscience à celui qui l’offre, mais n’efface pas 365 jours de solitude.
Il faut l’avoir vécue, la solitude pour savoir ce que c’est, on a tendance à en vouloir au monde entier.
Hélas ! La solitude à deux existe aussi, c’est quand les conjoints n’ont rien de commun, même pas un sujet de discussion, c’est terrible d’être là, face à face et rien à se dire. C’est une situation qui peut se détériorer, en arriver à se haïr. Dans ce second cas, on en veut à l’autre, tout est de sa faute.
La solitude, la hantise de la dépendance, la souffrance etc… justifient le taux le plus élevé des suicides chez les personnes âgées.
Relevé dans un quotidien :
32 suicides pour 100.000 chez les 75-84 ans
44 suicides pour 100.000 chez les 85-94 ans.
38,8 suicides pour 100.000 chez les plus de 95.
Le comble, on ne s’inquiète pas de savoir pourquoi, mais comment on pourrait les en empêcher. Mardi soir, à la télé, on affichait une fois de plus l‘augmentation du déficit de la branche vieillesse. Que sera-t-il lorsque le nombre de dépendants aura doublé, dans peu d’années.
Une fois de plus, écoutez la voix de ceux qui demandent qu’on les aide à mourir d’une mort vraiment digne pour un être humain.
Faut-il rappeler qu’on pique les animaux de compagnie pour ne pas les laisser souffrir ?