LE CREPUSCUL
Vous qui par votre âge avancé
Se rapprochent de la fin de vie,
Vous attend, une existence sans plaisir,
Après le calice, il faut boire la lie.
Le passé est maintenant dépassé
Et l’avenir est sans avenir.
Votre avis, ne vous le demande
La sentence est prononcée
Direction le mouroir
Où, au pire, il faut s’attendre.
D’en sortir, aucun espoir.
Adieu ! Heureux enfants que vous fûtes
Voici venu le temps de la chute.
Accueillis par des âmes charitables
Déguisées en fées aimables,
Vous feront manger à la cuillerée
Avec pleins de mots tendres et bons
« Tu vas ouvrir ta gueule, résidu
Tu manges comme un cochon ».
Plein la bouche et les trous de nez
Le surplus comme crème à raser.
La douceur n’est pas au menu.
Adieu, plaisirs de la vie
Vous entrez dans le monde du silence
Aveugle à tout ce qui se passe
Sourd à tout ce qui se dit.
Vous êtes comme le majestueux chêne
Aux racines avariées, il s’étiole et disparaît.
On vous mettra des couches au cul,
Gentiment, on vous dira :
« Avec ça, tu ne chieras pas dans les draps ».
Tout sera fait pour vous humilier,
Pour vous faire perdre votre lucidité
En attendant le moment décisif
Comme la bête arrivant à l’abattoir
L’œil noir.
C’est maintenant ou dans quelques jours.
Sans les voir ces jours
Pas plus que les gens qui vous entourent.
Vous serez dans un autre monde, celui du Néant
Pour l’Etat Civil, chacun existe.
On croit que notre vie nous appartient
Et libre à nous d’y mettre fin
Mais c’est la société qui en dispose.
On a recours à l’exil,
OH ! Pas loin, mais coupés du monde des vivants.
Par des artifices appelés lois
Se disculpe de ses responsabilités.
Au lieu d’avoir une société saine, dynamique etc…
On conserve un monde de fantômes
Qui pourrissent dans des homes (refuges),
Qui la gruge cette société,
Qui l’affaiblissent cette société,
Qui prostitue* son image.
* Faire un usage avilissant, dégradant.