Il est très difficile d’attirer l’attention vers ce que l’on ne veut pas voir. Faut-il ridiculiser une situation, des êtres humains, pour faire apparaître le degré d’humiliation, d’infantilisation, de déchéance, de déshumanisation, de souffrance morale et physique de ces êtres croupissant dans des mouroirs ?
A quand les visites guidées, payantes (pour récolter des fonds nécessaires au fonctionnement de ces établissements), des mouroirs, comme on visite un musée de vieilleries ?
Cela pourrait donner ceci :
Mesdames, messieurs, la visite peut commencer, suivez le guide.
Nous entrons dans la salle commune, vous avez ici, cette femme squelettique, toute fripée, recroquevillée, c’était une miss univers dont je ne me souviens plus en quelle année.
Cet homme, bouche grande ouverte et tête renversée en arrière, était autrefois, avaleur de sabres. Nous sommes obligés de le surveiller de près, car il a tendance à vouloir avaler les couverts.
Celui-là, mains jointes comme pour la prière et regard tourné vers le ciel, scrute au-delà des galaxies connues, le sauveur providentiel.
Cet autre, ficelé sur son lit, était maître plongeur et comme tel, plongeait de son lit et se fracassait sur le plancher.
Ce vieux, tout rabougri et desséché, ancien apollon, voilà ce qu’il en reste.
Ce couple attaché chacun à son fauteuil, sont les rois de l’évasion.
Cet autre, courbé en deux, les mains raclant le sol, est un ancien chercheur d’or.
Quant à celui-là, couché sur le ventre, bras en croix, était un sauteur à la perche, il n’a gardé que la position de chute sur le tapis.
Sans oublier celui-ci qui parle tout le temps, il était dans sa vie, un spécialiste du monologue.
Etc …
PS : En espérant que cela puisse attirer l’attention, à ceux que j’aurais pu choquer, j’implore le pardon.