EOLIA
L’année suivant le départ de Julie et de Nina, je tombe sur Eolia que je ne l’avais pas remarquée tant j’étais pris par les deux précédentes. Elle était là depuis deux ans déjà, d’après elle.
Grande, belle, élancée, légèrement typée, par sa mère je pense, qui était espagnol, ce qui lui donne une beauté andalouse. Super active, fait la caisse et chausse souvent les rollers pour circuler de caisse en caisse et entre les rayons à la recherche des prix non étiquetés.
Tout de suite le courant est bien passé et elle devient ma petite caissière du samedi, des jours fériés et des vacances. Et bien vite, en voyant les autres faire, c’est la bise assurée, c’est tellement sympathique.
Comme pour les autres, je m’intéresse à ses études. Elles sont commerciales en vue d’un débouché dans les banques ou dans les assurances. En chaque fin d’années, elle me tient au courant de ses résultats et dans l’année de ses soucis.
En ce moment, elle semble être fatiguée et voudrait bien en avoir fini avec cette situation. Cette fin d’année scolaire est très chargée et elle mange peu, d’où des malaises sur le travail. Je l’encourage le plus que je peux.
Un jour que Catherine me donnait devant elle la date de sa venue à la maison, elle s’exclame :
- Catherine, je t’en prie emmène moi, je voudrais y aller aussi.
J’interviens :
- Bien sur que Catherine va t’emmener, n’est-ce pas Catherine ?
- Bien sur.
Et je jour dit, elles arrivent avec leur beau sourire et comme c’était à deux jours près l’anniversaire de Eolia, je suis donne un beau bouquet.
Elle en est si heureuse que j’en suis ému.
Comme les autres, elle a le droit à son petit poème.
EOLIA
Petite cousine de Eole
Ne souffle pas la tempête
Mais de tendresse se vête
De la douceur en est le symbole.
Face à son frais minois, on oublie
Que dehors tombe la pluie ;
Jolie comme une rose épanouie
De la cueillir, nous en prend l’envie.
Son sourire ?
Comme le soleil d’Austerlitz, éblouit.
Véritable sauf-conduit
Tant son accueil attire.
Déesse de la gentillesse
Ses paroles caressent,
La grâce qui l’anime
Chasse les ennuis qui nous enveniment.
Si elle était une fleur,
Ce serait une pensée
Aux pétales, beaux, grands et veloutés
A la très agréable senteur.
Adorable EOLIA
Surtout Eolia,
Ne change pas.
En hommage à ta gentillesse.
J’aimerais avoir un souvenir d’elle, par exemple une petite photo. Je vais lui en faire la demande.
Comme petite étudiante, il y a eu aussi MAGALI dont j’ai déjà parlé à qui j’ai fait un poème. J’en ai parlé en racontant la façon dont j’ai connu sa mère dans l’autre magasin.
CAMILLE
Par un employé, ami, de la pharmacie que je fréquente, j’apprends que sa nièce est caissière dans ce magasin comme les autres étudiantes, les samedis, jours fériés et pendant les vacances. Dés premier samedi suivant, je suis sur la piste de Camille et je la trouve très rapidement. Comme toutes les autres, elle très gentille et aussi très jolie. Nous faisons vite connaissance par tonton interposé. Cela ne durera pas longtemps car c’est sa dernière année d’études.
Peut-être y en a-t-il eu d’autres, passées trop rapidement et dont le nom s’est enfui.
Quand aux caissières sédentaires, cela continue.
KARINE
Ce devait être un été, j’avise cette jeune dame s’emblant s’ennuyer, en attente d’un client. Alors du bout de sa caisse, en la regardant avec le sourire :
- C’est moi que vous attendez ?
- Oui (avec un super sourire)
La glace est rompue, ma foi, elle est plutôt du genre « causante ». Il est vrai que lorsqu’il n’y a pas de clients, le temps doit être long.
Quelques temps après, au cours d’une rencontre entre les travées du magasin, on se quitte sur une bise. Elle est originaire d’une commune voisine de celle de ma naissance ce qui nous rapproche un peu plus.
Lorsque je lui donne mon adresse, elle me dit :
- Je vais souvent par là, les parents de mon mari habitent dans la cité au-dessus
et elle connaît notre femme de ménage. Nous sommes en pays de connaissance. Il faut peu de temps pour discuter comme de vieilles connaissances.
- Il faudra que nous prenions un petit café ensembles pour sceller notre amitié.
- D’accord.
Peu de temps après, elle me dit qu’elle finissait dans cinq minutes. C’est le moment de l’inviter.
- On prend un petit café ?
- D’accord.
Un quart d’heure plus tard, nous étions attablés à la buvette de la galerie. Nous y sommes restés à peu près une demi heure, puis on se quitte comme de vieux amis avec une bise.
Dans les mois qui suivent, elle accouche d’une petite fille et fait bâtir à la campagne dans ma commune de naissance. A son retour de congés de maternité, les contacts reprennent, elle navigue entre l’accueil et la caisse mais toujours aussi gentille. Puis de nouveau enceinte, prend un long congé. Si elle revient, je verrai dans qu’elles conditions se feront nos relations. Je ne pense pas qu’elle accepterait de venir chez moi.
Qui sait ?