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SEVERINE

SEVERINE

 

 

                    Ce jour-là, cela devait être en été et un jour plutôt creux, n’ayant pas de caissière attitrées en vue, j’avis ce petit bout de femme un peu dans la lune attendant le client providentiel.

Vraiment jolie et parlant d’une voix si douce que j’en tombe sous son charme. Je ne peux voir son nom, pas de badge, mais en repartant, je regarde le ticket de caisse et je lis : Sandrine, c’est bon à savoir. La fois suivante, je lui dis :

- Bonjour Sandrine.

Elle lève les yeux et avec son beau sourire :

- Ce n’est pas mon nom, c’est Séverine.

- Ah ! Bon, et pourquoi ?

- Je ne sais pas ;

Effectivement depuis les quelques années que je la connais, le ticket de caisse est toujours au nom de Sandrine. Tout le monde sait que Sandrine, c’est Séverine.

La glace est brisée, petit à petit nous faisons plus ample connaissance, elle est vraiment sympathique. Puis un jour, je lui demande où elle habite :

Le nom qu’elle me donne est celui du village où j’ai passé toute mon adolescence et même plus.

- Mon père est originaire de ce village.

- Comment s’appelle-t-il ?

Le nom donné est celui d’anciens voisins. J’ai connu son père gamin, mais j’ai surtout connu ses grands parents.

Tout cela nous a rapprochés, je la tutoie et c’est la bise à chaque rencontre. J’ai l’occasion de faire connaissance de sa tante, puis de sa mère et à peu près tous les vendredis, en faisant les courses, nous prenons le café au bar de la galerie marchande.

J’aurai même l’occasion de leur payer une coupe de champagne, on s’appelle par les prénoms et on se tutoie.

Après quelques semaines,

- Séverine, j’ai pensé à toi.

- Ah ! Oui, en quoi ?

- C’est comme ça, j’ai eu une inspiration, je t’ai fait un petit poème, mais je ne te le montrerai pas.

- Ce n’était pas la peine de le faire

- Tu y tiens ?

- Oui, bien sur.

Convaincu que je lui ferais plaisir, je plonge la main dans ma poche et je lui tends une enveloppe avec le poème à l’intérieur.

- Voilà, lis-le bien.

Une semaine plus tard, en me voyant arriver à sa caisse, son visage s’illumine d’un si beau sourire.

- Séverine, as-tu lu le poème ?

- Oui,

Mais sans commentaire. Certes, elle est ravie mais ne veut pas l’avouer. Et ça, c’est bien Séverine qui ne s’extasie sur rien, marque de réserve et de simplicité. Elle est terre à terre. J’apprends à mieux la connaître, elle se concentre sur son travail, sa famille et rien ne l’intéresse en dehors de tout ça.

 

 

 

 

SEVERINE

 

 

Petite femme pleine de charme

Même si cela peut-être une arme,

Visage de douceur

Chavire les cœurs

Et ce sourire,

Quel sourire ?

Tout comme ses yeux

Doux et gracieux

Mais un brin malicieux.

 

Devant ce petit ange souriant

Instant radieux et charmant

Augure d’un jour heureux

Pour un pauvre vieux.

 

 

 

De par sa gentillesse

Elle est une déesse

Ses paroles vous arrivent comme une caresse

Sa douceur vous va droit au cœur,

Doux instants de bonheur.

 

Sa rencontre, hélas ! Rapide

C’est comme être à l’écoute d’une charmante mélodie

Mais le bonheur pour un moment réside

Les soucis momentanément s’oublient.

 

Si elle était une fleur

Ce serait une fleur qui sourit

Jours et nuits

Une fleur qui ne fane pas

Existe-t-elle ici-bas ?

Sinon, il faut la créer

Pour la posséder.

 

Surtout adorable Séverine

Ne change pas, tu es divine.

 

Après chaque séance de travail, elle fonce vers la maison. Ce n’est pas elle qui viendra boire un café au bar ni à la maison. Elle reste cependant une très gentille caissière. Continuons comme cela.

 

 

VERONIQUE

 

                            La première rencontre date de plusieurs années avec une interruption pour congés maternité. C’est le genre un peu braque lorsqu’elle parle, ne mâche pas ses mots.

Dés son retour, les relations reprennent, mais resterons amicales, mais, je ne sens pas ce qu’il faudrait pour devenir plus conviviales. Il y a certainement une certaine retenue. Quelques confidences prudentes mais on entre pas dans l’intimité, cependant les contacts sont agréables, d’où un certain plaisir à se rencontrer et à se faire la bise.

 

 

 

 

SYLVIE

 

                            C’est à peu près le même cas que avec Véronique tout en étant différente. Sylvie, c’est la grande douceur, un sourire des plus naturels, je ne pense pas non plus qu’il soit possible de pénétrer dans son intimité. Avec elle j’aurais du mal à blaguer de peur de la contrarier. Cependant, elle est très agréable.

 

JESSICA

 

                            Grande amie de Aurore est très sympathique et supporte bien la blague. Avec elle le fou rire peut jaillir. Mais les relations n’iront pas à un stade plus avancé. Elle se déplace pour venir me serrer la main et parler un peu si elle n’est pas occupée, ce n’est déjà pas mal.

 

 

ANA

 

                            C’est la bonhomie affichée, souriante et toujours gaie, pleine d’allant, ferait sourire un irréductible. Appelée à des tâches diverses, n’est pas souvent en caisse.

 

AURELIE

 

                            Grande et belle femme. Je l’avais remarquée seule dans son coin, le visage assez rébarbatif, ne me regardant pas d’un bon œil. Ce devait être du à ce que je l’évitais pour aller à une autre caisse que la sienne et devait en être jalouse. Un jour, je me suis dis, il faut que je la dégèle et je suis passé à sa caisse. Cela a produit le même effet qu’un rayon de soleil allant la réchauffer. La routine s’est installée et la communication est très bien passée. Hélas ! Elle est partie sous d’autres cieux pour suivre son petit copain. Bonne chance.

 

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