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LE FANTOME DE LA LANDE

                   Comme pour la sorcellerie, le soir à la veillée, on nous racontait des histoires de fantôme, de telle sorte que les enfants avaient peur d’avance. Il y avait longtemps que les fantômes avaient disparu et que malgré cela, lorsque nous allions à l’école, en passant la lande, on avait une certaine appréhension et le plus souvent, on s’attendait pour passer.

 

 

 

 

                            Dans notre commune, comme dans bien d’autres, il y avait des landes, ces terrains recouverts de bruyères, genêts, ajoncs, sans oublier les ronces, quelques arbrisseaux et tout ce qui pousse sur des terres maigres.

         Une retenait l’attention, la Lande du Mont. Pourquoi : du Mont ? Tout simplement parce qu’elle était en haut d’une petite montée caillouteuse comme toutes les routes de cette époque. C’était un lieu sans habitant, autrement, ce petit mont aurait sans aucun doute porté le nom de l’habitant comme par exemple : le Mont JENNET, du nom de l’habitant de la maison située tout en haut.

         Ce lieu dépourvu d’habitants, pour cette raison et à cause de la pauvreté de la flore était sinistre le jour et encore plus la nuit. A mi-chemin de la montée, il y avait un grand trou de environs quatre mètres de profondeur et une dizaine de mètres de diamètre, et maintenant pris d’assaut par les broussailles. C’était tout simplement des fermiers qui ayant trouvé là un filon de sable de terre l’avaient exploité pour leurs besoins personnels.

         La rumeur voulait que ce soit le repaire de fantômes, d’animaux dévorant les enfants méchants etc…

         Et puis, il y avait le fantôme, ce fameux fantôme, la terreur du secteur. Beaucoup de gens l’ont vu, mais jamais approché. Il apparaissait toujours à la pleine lune, lorsque le ciel est dégagé. Elle brille et projette des ombres différentes suivante sa hauteur dans le ciel. Ces ombres ne sont pas toujours interprétées comme il se devrait. A certaines, on peut les comparer à des bêtes monstrueuses, c’est très impressionnant.

         Le fantôme, il a besoin d’être vu, sinon, il ne ferait pas le fantôme, donc la pleine lune est le meilleur moment. Mais, il ne se montre pas à tout le monde.

Dans son drap blanc, il gesticule et fait brrrr comme une méchante bête puis disparaît pour reparaître à un autre endroit, comme si il y en avait plusieurs, ce que certaines personnes affirmaient.

 

         Des groupes d’hommes résolus ont arpenté la lande sans jamais le voir. Un père dont les enfants avaient été poursuivis s’est rendu sur la lande aussitôt les enfants rentrés, avec son fusil armé de chevrotine. Au clair de lune, le fusil devait trop briller et le fantôme bien sagement a du se planquer.

         Des gens disaient qu’il était très grand. Je pense qu’il jouait avec la topographie du terrain. Lui étant sur la hauteur et les arrivants du bas de la côte, le projette plus grand qu’il n’est en réalité.

         Il prenait parfois des risques, lorsque plusieurs personnes, surtout des femmes montaient le mont, il attendait qu’elles soient assez près pour sauter bien haut en criant. Le moment de stupeur passé, ils s’apercevaient que le fantôme avait disparu.

         La majorité des gens intelligents se doutaient bien que un être humain était la dessous et à force de écouter, observer, certains désignaient un gars de la commune.

         Un jour, un gamin plus lent que les autres avait eu le temps de remarquer que le fantôme avait des souliers vernis. A la campagne à cette époque, avoir des souliers vernis, ils ne doivent pas être nombreux.

         Dans la commune voisine, il y avait un gars prétentieux, fier, un gandin comme on disait. Si on lui parlait des fantômes, il souriait en se moquant des racontars.

         Trois gars de la commune, décidés, s’armant de gourdins décident d’aller faire la planque. Un soir, le fantôme apparaît soudain et aussi soudainement une volée de coups de bâton lui arrive sur le dos. Quittant son drap sur le lieu, il s’enfuit et on ne l’a jamais revu ce sinistre fantôme.

         Depuis ce jour, il n’y a plus de fantôme sur la lande.

 

La route est bitumée et un lotissement a vu le jour à proximité.

 

 

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