Calme, on marcherait sur ta surface
Hélas ! Mirage, tu es comme le sable mouvant,
Tu évites de dérouler tes vagues, tu finasses
Pour attraper les êtres vivants.
En furie, démonstration de ta force herculéenne
Redoutée de la faune humaine
Tu brises, tu casses, tu démolis, tu fais peur
Puis soudain, rassasiée tu calmes ta fureur.
Tu es de nouveau la mer enviée
Dans laquelle on se baigne les pieds,
Du fin fond des terres on arrive sur ton rivage
T’admirant après un si long voyage.
On est amoureux de toi comme d’une belle femme
Hélas ! Comme elle, on ne sait ce que tu trames ;
Tu es tout et son contraire :
Calme ou déchaînée
Pâle ou colorée
Douce ou méchante
Humble ou majestueuse
Tu caresses ou tu gifles
Assis sur le sable fin de la plage
On rêve à de beaux voyages
L’étrave fend les flots
Au rythme du chant des matelots.
Puis soudain le ton monte de plus en plus fort
Une fois de plus tu provoques,
Les vagues se ruent à l’assaut de la coque
Jusqu’à ce vienne la déchirure,
Le vent hurle dans la mâture
Plaintes, hurlements, sifflements, comme plusieurs ventriloques
Cachés dans les mâts
Après un dur combat à mort
Tu engloutiras le bateau dans tes flots
Avec sans aucun doute plusieurs matelots.
Si ce n’était pas aussi triste,
On pourrait penser à de l’espièglerie
Mais tu es pervers comme un masochiste,
Tu trahis ton monde, c’est de la perfidie.
Cependant on te recherche
Parce que on t’aime.